5 choses que ton conseiller financier ne te dit pas

Toujours poser des questions à son conseiller financier. Beaucoup de questions.

Les frais de gestion de mes produits sont parmi les plus élevés du monde

On le sait que nos services de télécommunications coutent chers comparés aux Américains ou au Européens. On est toujours fâché quand on se le fait reconfirmer. Si les gens lisaient et comparaient ce qu’ils paient en frais de gestion pour leurs produits de placements; ils pleureraient. Le Canada affiche une moyenne de frais gestion parmi les plus élevées au monde. Les États-Unis : 1,42%. L’Allemagne: 1,22%. La Belgique: 0,99%. La Norvège: 1,62%. Moyenne: 1,29%.

Le Canada: 2,68%. Note MorningStar: F. (1)

C’est la culture bancaire canadienne dans laquelle nous vivons et sommes accoutumés. Et ce n’est pas près de changer (2)(3). On se dit que payer 2,68% par année, au lieu de 0,5%, si c’est pour se sauver du trouble (lequel au juste?), c’est rien.

Presque rien. Un infime minimum de 80K$ (net!) sur son bas5 choses que ton conseiller financier ne te dit pas-Insert1 de laine de retraite final de 170K$. Plus de 60% du rendement qui n’est pas dans tes poches. Travailler 1-2 ans de sa vie dans le vide.

Presque rien je te dis.

L’avènement du courtage en ligne (e.g. DISNAT, iTRADE, Qtrade, BMO InvestorLine) est l’une des plus grande démocratisation financière depuis le Dow Jones et te permet d’acheter pratiquement tous les mêmes produits, à une fraction des frais de gestion associés. Pourquoi s’en passer?

Payer des frais de gestion à un conseiller aujourd’hui, c’est comme allez au comptoir. Avec ton livret.

Je ne connais pas les marchés financiers

Si ton portefeuille est de moins de 200$K, ton rendez-vous ne sera pas avec un analyste de marché. Il ne te parlera pas des fluctuations du taux de change, de ce qu’il pense des matières premières, ou comment il croit qu’une stratégie défensive pourrait t’avantager.

Il va connaitre ses produits, certes. Mais pas, ou très peu, les conditions précises dans lesquelles ils évoluent. Ça revient à faire la moitié du travail. Et en investissement, la moitié ça revient à rien du tout. Un conseiller financier ça devrait pouvoir t’indiquer les perspectives d’un produit, son positionnement face aux autres, le contexte dans lequel il évolue, l’approche stratégique, tactique ou contrarienne qu’il possède, la place qu’il occupe dans ton portefeuille, etc.

Surtout, t’expliquer pourquoi celui-ci est plus adapté, en t’expliquant aussi les autres. L’information sur le prospectus et la petite barre indicateur de risque, tu peux la lire toi-même. Ce n’est pas ça le service que tu devrais recevoir.

La prochaine fois que tu iras à ta caisse, demande lui ce qu’il pense des perspectives du Portefeuille Diapason X relatif au Y considérant la débandade des matières premières comme le pétrole. Pourquoi le Portefeuille Diapason Y ne serait pas plus adapté aux conditions actuelles?

Regarde le dans les yeux. Prend le temps d’apprécier le silence malaisant. Ou les phrases vides. Au prix que ça coute. Demande lui ensuite comment il est rémunéré et à quoi sert le 2,5% de frais écrit en font 6 sur le prospectus.

80% du temps, je performe moins bien que le marché

Il est facile aujourd’hui d’acheter des titres qui suivent exactement un marché donné (e.g. TSX) pour aussi peu que 0,02% de frais de gestion. Le marché croît de 8%, tu as 8%. Il baisse de 7%, tu perds 7%. Avec sa gestion active de portefeuille, ton conseiller financier cherche à être meilleur que le marché. À le battre. Or, on l’oublie souvent mais les conseillers financiers font parti du marché.

En fait, les conseillers et analystes financiers sont le marché… Ils ne peuvent donc pas tous le battre. Les coureurs du marathon de Montréal ne peuvent pas tous finir au-dessus de la moyenne du temps de parcours. C’est mathématiquement impossible. Certains finissent bien avant, la plupart autour de la moyenne, d’autres en arrière. Mais à ce jeu le client perd plus souvent qu’autrement.

5 choses que ton conseiller financier ne te dit pas-Insert2En incluant les frais de gestion de leurs produits, 80% des conseillers financiers au Canada ont moins bien performé que l’indice du TSX lui-même en 2015. Malgré qu’ils travaillent activement, ils offrent un rendement net inférieur à un investissement passif (4)(5)(6).

Ils te diront que 2015 a été une année difficile pour les bourses du Canada. C’est vrai. Pour tout le monde. Donc le marché. Auquel tu dois te comparer. Le TSX a effectivement perdu 11,1% entre le 1er janvier et le 31 décembre 2015. 80% d’entres-eux t’ont donné un rendement encore plus inférieur. Et en moyenne, c’est comme ça d’année en année.

Une gestion active, au frais de gestion élevés, qui performent moins bien que le hasard.

Un dé brisé qui coute cher quoi.

Mon historique de rendement que je te présente à la même personnalité que ton fil d’actualité Facebook

Plus souvent qu’autrement, bien joyeux. À la bonne place, au bon moment, bien entouré, avec beaucoup de plaisir.  Ou, dans l’adversité, mais avec la bonne attitude pour affronter la suite, malgré les embuches. Il te raconte les beaux moments de sa journée, de son année.

C’est ce que l’on appelle le biais de confirmation. Tout le monde fait ça. On se rappelle de nos bons coups, on parle moins de nos mauvais coups. Les 3 fois où on s’est planté comptent généralement moins dans notre mémoire sélective que la fois où on avait raison.

Les produits qu’il te présentera auront généralement eux un bel historique, ou du moins supérieur au marché. Information inutile s’il en est une. Enrobée dans du cherrypicking.

La qualité d’un produit réside dans sa composition, expliquée et comprise dans le contexte actuel.

Le reste c’est du marketing.

Je te dis seulement le minimum que l’AMF m’oblige à divulguer

Et ce n’est déjà pas beaucoup. Il y vraiment encore place à amélioration. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a effectivement appliqué des nouvelles règles de divulgations des intérêts et c’est pour le mieux. Mais la marche était haute et le demeure somme toute assez encore. Particulièrement parce que le mode de rémunération du courtier va varier d’un produit à l’autre. Ceci implique que 1) le conseiller à un biais propositionnel et 2) tu dois redemander à chaque produit présenté comment ton conseiller est rémunéré.

Poser des questions. Beaucoup de questions. D’où provient votre rémunération? Quel sont les frais associés à vos services? Pas de frais à l’achat ou annuel. C’est possible. Les frais à la sortie? Ah bien regarde donc.

Sa rémunération associée à un produit en dira beaucoup sur ceux qu’il préfère te proposer.

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